Une victoire est toujours bonne à prendre, encore faut-il qu’elle soit consistante, lorsqu’il s’agit d’une rencontre en coupe de la CAF, disputée à domicile, et que le match retour s’annonce bien difficile face à un adversaire aux dents longues et aux ambitions démesurées. C’est là le dilemme.

Le risque est grand pour le CSS qui a certes réussi l’essentiel en affrontant samedi dernier son adversaire en demi-finale de la coupe de l’épreuve continentale, avec cette précieuse victoire remportée sur le fil. Mais il a raté l’occasion d’assurer un score large, susceptible de le prémunir contre toute désagréable surprise lors du prochain match qui sera disputé dans deux semaines à Khartoum. C’est que l’adversaire, en l’occurrence Al Hilal du Soudan, ne manque pas lui aussi d’atouts et que ce match retour risque de poser des problèmes épineux à l’ensemble dirigé par le coach Pierre Lechantre.
L’avis de ce dernier est mi-figue, mi-raisin, concernant la faculté des siens à surpasser le cap de leurs adversaires soudanais et à assurer leur qualification en finale de l’épreuve. Explications.

Que pensez-vous de cette victoire ?
Je pense qu’il ne faut pas croire que cette victoire par 1-0 est catastrophique. Certes, on aurait pu en mettre un deuxième, surtout en début de seconde mi-temps, mais le résultat en lui-même est positif. On a vu d’ailleurs dans les compétitions africaines, ou européennes, des équipes qui gagnaient par un 1-0 à la maison, et qui étaient capables à l’extérieur de s’en sortir.
Donc, on n’est pas déçu par le résultat, mais plutôt surpris de voir l’équipe soudanaise pavoiser en fin de match et penser que c’est déjà gagné!

Comment jugez-vous votre prestation de samedi dernier face à Al Hilal?
Elle a été bonne en seconde mi-temps lorsqu’on a réussi à imposer notre jeu et à créer des occasions intéressantes de scorer.
Mais, au cours de la première période, on n’a pas bien joué face à une équipe qui a montré de grandes potentialités offensives. La manière d’évoluer nous a gênés et nous a contraints à la défensive.

Comment entrevoyez-vous le prochain round?
Ce sera dur, c’est certain. Mais on peut espérer marquer un but ou deux qui nous mettraient à l’abri. Nous n’irons donc pas à Khartoum avec un excès de confiance, mais plutôt avec le sentiment que tout reste à faire et qu’il nous revient de prouver sur le terrain de l’adversaire que nous sommes les plus aptes à passer au tour final.
Ce ne sera certainement pas une sinécure. Mais à cœur vaillant, rien d’impossible. Il nous faut surtout croire en nos moyens et prouver encore une fois que nous savons voyager à travers le continent…

Que craignez-vous le plus?
… D’être dans un jour «sans». J’espère toutefois que tout se déroulera dans les normes, aussi bien sur le terrain, en allusion à l’arbitrage, que sur le plan organisationnel. Quant à l’ambiance surchauffée que pourraient créer les supporters soudanais d’Al Hilal au cours du match, cela ne devrait pas nous affecter, étant habitués à ce genre de pression.

Quels enseignements avez-vous tirés du match aller ?
Nous connaissons maintenant de plus près l’adversaire. Ses points forts et ses points faibles. J’estime qu’en optant pour un marquage strict sur ses éléments de base, notamment le n°8 et le n°17, et en assurant la mainmise sur le compartiment du milieu, tout en cherchant à exploiter les espaces pour mener des contres rapides et appuyés, nous serons en mesure de le prendre en défaut.
Comme quoi, nous détenons notre destin entre nos mains. Rien ne nous empêchera donc de croire en nos chances. Et elles sont réelles, en dépit de la valeur intrinsèque de l’opposant qui est  respectable.

 

AYADI Rachid